|
|
 |
SEQUENCES REBELDES |
|
|
 |
|
Rico Sequeira est né en 1954 au Portugal, vit et travaille au Luxembourg et à Lisbonne
EXPOSITIONS INDIVIDUELLES
1997 – Galerie Nacional « Tutesall » - Luxembourg
Musée Meisterman, Wittlich – Allemagne
Galerie Dominique Lang, Dudelange – Luxembourg
1998 – Expo Mondiale 98 Pavillon du Luxembourg, Lisbonne - Portugal
Galerie du Luxembourg – Luxembourg
Espace Império Assurances – Luxembourg
Galerie António Prates, Lisbonne – Portugal
1999 – Institut Camões c/Robert Brandy – Luxembourg
Espace « Omnis », Howald – Luxembourg
Galerie António Prates, Lisbone – Portugal
2000 – Galerie d’art Vila Verde de Ficalho – Portugal
Galerie du Luxembourg – Luxembourg
Bibliothèque Fondation Calouste Gulbekian, Ponte Sôr – Portugal
Caixa Geral de Depósitos, Paris – France
Galerie Hélène Lamarque, Rouen – France
2001 – Casa das Mudas , Madeira – Portugal
Galerie Synthèse, Bruxelles – Belgique
Galerie Astley « Drei aus Drei », Uttersberg – Suède
Galerie Art Rooms, Malmo – Suède
2002 – Musée Kunst Kabinet, Jena – Allemagen
Galerie Dominque Lang, Dudelange – Luxembourg
Galerie du Luxembourg, Luxembourg
2003 – Casa das Mudas Calheta, Madeira – Portugal
Amadora 2003 14° Festival International de B.D. – Portugal
2004 – Exposition B.C.E.E. « AM TUNNEL » - Luxembourg
Galerie Fondation Marquês de Pombal, Linda-a-Velha – Portugal
2006 – Expo Galerie Arc 16, Faro – Portugal
Galerie Novo Século, Lisbonne – Portugal
2007 – Espaço+ Aljezur Municipio – Portugal
EXPOSITIONS COLLECTIVES
1997 – Exposition B.C.E.E. « AM TUNNEL » - Luxembourg
1998 – Arco 98’ Galerie António Prates, Madrid – Espagne
« Peinture et Parole », Centre Culturel Français – Luxembourg
Conservatoire de Thionville – France
Grand et Jeunes d’Aujourd’hui, B.C.E.E. « AM TUNNEL » - Luxembourg
1999 – Rencontres de Mai, Musée de l’eau, Lisbonne – Portugal
La tapisserie d’Aubusson de 1933 à 1999, Musée de Payerne –Suisse
Grands et Jeunes d’Aujourd’hui, Espace Eiffel, Paris – France
Fac 99’ Art Contemporain, Lisbonne – Portugal
Expo Agricultures, Culturgest, Lisbonne – Portugal
Galerie Hélène Lamarque, Rouen – France
2000 – Exposition Itinérante à 9 pays de l’Europe, Galerie Beim Engel – Luxembourg
Peintres de la Galerie, Galerie du Luxembourg – Luxembourg
Fac’ 2000 Art Contemporain, Lisbonne – Portugal
2001 – Grand et Jeunes d’Aujourd’hui, Espace Eiffel, Paris – France
Fac’ 2001 Art Contemporain, Lisbonne – Portugal
2002 – Galerie Synthèse, Bruxelles – Belgique
Fac’ 2002 Art Contemporain, Lisbonne- Portugal
« Art Kunts » foire d’art contemporain, Cologne – Allemagne
2003 – Fac’ 2003 Art Contemporain, Lisbonne- Portugal
2005 – Galerie Novo Século, Lisbonne – Portugal
Lux expo, Salon du Lac – Luxembourg
2006 – « Flasch back »Galerie Synthèse, Bruxelles – Belgique
BIBLIOGRAPHIE
Textes, catalogues, « sélections »
1985 – Jorge de Guimarães, « Aspects de la peinture de R.S., édition Galerie S.Mamede
1988 – José Saramago, Eduardo Lourenço, Teresa Rita Lopes, Fernando Azevedo,
“Fernando Pessoa – l’impossible Portrait” édité Maison de Serralves, Porto – Portugal
1990 – Reginald Thiry, texte édition Musée de Louvain-la-Neuve – Belgique
1991 – Miguel Esteves Cardoso, texte expo R.S. Galerie Michel Vokaer, Bruxelles – Belgique
1992 – Jean Portante, « Pétrification de vers F », poème édité Galerie Santiago, Almada – Portugal
Júlia Saez Ângulo, « Visages et Masques » édition Galerie Conde Duque, Madrid – Espagne
1994 – Hugo Beja, Jo von Goetz, texte édition Galerie S.Bento, Lisbonne – Portugal
1995 – Jean Portante, textes édition CLAE – Luxembourg
1996 – Hugo Beja, texte « Cœur » édition Galerie S.Bento, Lisbonne – Portugal
Sanofi Winthrop, Lisbonne – Portugal
1997 – Poèmes, texte « Amis du 25 avril » édition Galerie Dominique Lang, Dudelange – Portugal
« Tutesall » édition Ministère de la Culture, texte de l’artiste – Luxembourg
1998 – Roger Manderscheid édition Je centre Portugais de Sérigrafie
Marie-Anne Lorgé, Jean Portante édition Galerie du Luxembourg
1999 – « Éternités Naturelles », Marianne Wathelet edição Galeria Raquel Prates, Cascais – Portugal
2000 – « Artiste 2000 » Marianne Wathelet édition Galerie Beim Engel- Luxembourg
« Imagens », Jean Aulner édition Galerie du Luxembourg
« À Francisco Relógio de R.S. », édition Galerie de Vila de Ficalho – Portugal
2001 – L.V.S.L. Jean Paul II, texte édition Galerie Hélène Lamarque, Rouen – France
Bernardin Pinto de Almeida « le chaos et le Silence » texte édition Galerie S.Bento, Lisbonne – Portugal
2002 – « Drei au Drei », texte Thomas Gunther édition « Auf Zeit », Berlin – Allemagne
2003 – Rico Sequeira édition Galerie Municipale Artur Bual, Amadora – Portugal
2005 – « Lectures croises » Radu Vasile, édition Château de Stadtbredimus - Luxembourg
Films, vidéos, télévision, radio
1994 – « Rico Sequeira film de la sérigraphie », production Carlos Castelo Vidéo éditée C.P.S., Lisbonne – Portugal
1997 – Projet « Éclat d’Eau » film Bertrand Fernandez, Télé FR3, Limousin – Poitou Charentes – France
Radio Latine, programme Luís Barreiras, entrevue – Luxembourg
1999 – Vidéo, production Carlos Castelo, éditée par Galerie S.Bento, Lisbonne – Portugal
Radio Latine « Reencontros de mai », programme de M. Wathelet, entrevue – Luxembourg
2000 – Expo Rico Sequeira, production RTL, Agenda Culturel au Luxembourg – Luxembourg
2006 – DVD « Entre nous » RTP Université Ouverte de Lisbonne – Portugal
COLLECTIONS PUBLIQUES
MuséeTavares Proença Junior, Castelo Branco – Portugal
Musée Martins Correia, Golegã – Portugal
Musée National d’Histoire et d’Art – de Luxembourg
Musée d’Art Moderne de Jean – Allemagne
Musée National d’Art, Lisbonne – Portugal
Musée de l’E.D.P. Collections, Lisbonne – Portugal
Musée de la Pharmacie, Lisbonne – Portugal
Banque Caixa Geral de Depósitos, Lisbonne – Portugal
Banque du Portugal, Lisbonne – Portugal
Banque Grupo B.C.P., New York – U.S.A.
Banque B.N.C., Lisbonne – Portugal
Banque B.C.P., Lisbonne – Portugal
Banque Volksbank Raesfeld, Raesfeld – Allemagne
Assurance Império – Luxembourg
Banque Caisse d’Épargne de l’État – Luxembourg
Centre Culturel de Vila Velha de Ródão – Portugal
Commune de Vila Velha Ródão – Portugal
Commune de Serpa – Portugal
Commune de Ponte de Sôr – Portugal
Commune de Oeiras – Portugal
Commune d’Amadora – Portugal
Commune de Dudelange – Luxembourg
Bibliothèque de la Fondation Gulbenkian, Ponte de Sôr – Portugal
Ministère des Affaires Étrangères – Luxembourg
Ministère des Affaires Étrangères – Portugal
Ministère de la Culture – Luxembourg
Fondation Marquês de Pombal- Portugal
Fondation Mario Soares, Lisbonne – Portugal
Fondation P.L.M.J., Lisbonne – Portugal
Assemblée Nationale du Portugal
D.R.A.C., Direction régionale des Affaires Culturels, Madeira - Portugal
FILMS, VIDÉOS, TÉLÉVISION, RADIO
1994 – « Rico Sequeira film de la sérigraphie », production Carlos Castelo Vidéo éditée C.P.S., Lisbonne – Portugal
1997 – Projet « Éclat d’Eau » film Bertrand Fernandez, Télé FR3, Limousin – Poitou Charentes – France
Radio Latine, programme Luís Barreiras, entrevue – Luxembourg
1999 – Vidéo, production Carlos Castelo, éditée par Galerie S.Bento, Lisbonne – Portugal
Radio Latine « Reencontros de mai », programme de M. Wathelet, entrevue – Luxembourg
2000 – Expo Rico Sequeira, production RTL, Agenda Culturel au Luxembourg – Luxembourg
2006 – DVD « Entre nous » RTP Université Ouverte de Lisbonne – Portugal
LE CHAOS ET LE SILENCE
Le monde de Rico Sequeira a une caractéristique particulière qui le distingue du monde de ses contemporains. Ce trait singulier et particulier passe par la façon dont, dans l’ordre de son art, le dessin s’oppose à la peinture.
Non pas parce que Rico Sequeira nie l’un ou l’autre, au contraire, ou parce qu’il ne les utilise pas au fil de son œuvre et dans le mouvement de celle-ci, mais précisément parce qu’en les utilisant constamment, il le fait selon un régime d’opposition et même de tension profonde.
De cette manière, le dessin n’est jamais illustratif et la peinture, n’agit pas comme une seconde forme qui viendrait combler les vides des dessins en les coloriant – comme nous pouvons l’observer par exemple dans l’art de Paula Rego, où la fonction principale de la peinture est de colorier le dessin dont la présence est toujours déterminante et primordiale.
Dans cette œuvre, d’ailleurs d’une manière très curieuse, le dessin et la peinture coexistent en tant qu’entités autonomes, opposées, avec des mesures diverses, mais leur opposition fonctionne comme un moteur d’invention de toute l’œuvre. Dessinateur exemplaire pas sa façon de faire fluidifier la ligne avec une liberté surprenante, d’inventer ses propres figurations, ou alors de libérer tout ce qui dans la figuration est déjà la projection d’une image antérieure, c'est-à-dire préexistante par rapport à ses propres marques (en agissant consciemment ou inconsciemment), Rico Sequeira se laisse emporter par un sens automatisé qui ne peut s’empêcher de nous rappeler Masson, dans les registres d’évidence surprenante.
Et nous ne pouvons que suivre avec une attention émerveillée ce mouvement du dessin comme qui suivrait le mouvement inespéré, bien que rigoureux et sans faille, d’un acrobate au moment où il exécute sa plus difficile et périlleuse pirouette.
C’est ainsi qu fonctionne le dessin dans son œuvre, avec une double incision. D’une part, celle d’un libération automatique ou plutôt automatisée – comme s’il s’agissait de l’enregistrement immédiat d’une impulsion, la libération d’une énergie, d’un véhémence expressive (mais jamais expressionniste) – d’une matrice intérieure de l’être lui-même. D’autre part, une marque confiée ou une forme structurante, la signalisation d’un espace dominé par le geste parce qu’il est commandé et produit par une intelligence interne, même se cette intelligence n’est pas entièrement consciente.
Enfin, nous pouvons également parler de la libération d’un orphisme, d’un sens solaire, d’une liberté qui s’égaye et s’épanouit face à la simple possibilité de s’étendre sur la surface, en exerçant la liberté exemplaire de son propre geste.
La peinture, au contraire, intervient aussi mais sans contaminer ou envahir ce premier champ, appelons-le comme cela, et opère d’une manière presque opposée. C’est une marque de plaisir, de saturation, de sensibilité directe à sa propre sensualité ou densité de matière, présence d’une épaisseur et d’une passion de couleur et de texture qui ne se mêle pas, mais qui maintient plutôt une distance respectueuse vis-à-vis de ce plan d’invention où le dessin se joue dans son émerveillement et sa plénitude désirante.
Je pense que dans le cas de Rico Sequeira, le dessin a fonctionné comme la première façon de comprendre t surtout d’appréhender le monde.
Il l’utilise plutôt en tant qu’espace projectif de cette compréhension qu’il a construit peu à peu, ou comme manière d penser, c'est-à-dire qu’i l’utilise comme on utilise (et appréhende un langage). Et moins comme un apprentissage académique ou un besoin de montrer son habilité. Parce qu’en lui le dessin naît avec la pensée, c’est la forme matricielle c’une conscience, une vigueur exubérante de communication. La peinture serait arrivée plus tard lorsque le dessin n’était plus seulement la connaissance de la forme extérieure mais aussi celle de sa propre identité.
C’est pour cette raison que la peinture se rapproche de sa densité expérimentale et se met en place de l’œuvre en tant que niveau d’0pacité abstraite, par opposition à l’opacité préalable des figures.
La peinture s’attarde – comme dirait Duchamp – non pas par manque d’intérêt, mais parce qu’elle est un espace de loisir, d’expérimentation ou d’abandon. Elle est comme un écran parallèle à celui du dessin et s’oppose par sa densité simple et charnelle à la véhémence expressive du dessin, à sa racine chantante, à sa fluidité matricielle de langage premier mais vrai.
Ceci étant, la peinture vient après, opposant fluidité et contention, mouvement et attente, flux désirant et expérience du plaisir. Et sa double présence donne naissance au mouvement interne qui anime chaque œuvre, grâce à une tension qui génère sa propre énergie. Comme la peinture est chaire – au même titre que les sculptures qui ne sont que leurs prolongements dans l’espace – le dessin est langage, registre génétique de transfiguration et de métamorphose. Ce sens de la transfiguration assumé par le dessin – faisant en sorte que les figures se transforment constamment, bougeant internement sous la forme de plusieurs devenirs – se produit alors en tant que forme d’expressivité communicante face à la conscience qui s’approprie du monde dans son œuvre.
Inquiétude du registre et de la mémoire, modèle par excellence des métamorphoses auxquelles l’artiste assiste et qu’il veut graver avec leur scintillement, le dessin – comme chez Miró d’ailleurs, de qui cet artiste doit se sentir proche du point de vue poétique –agit en tant que vérité qui s’oppose à la forme, en tant que pensée, qui s’oppose à la matière, en tant qu’action, qui s’oppose au calme et à l’abandon de tout ce qui repose.
La cohabitation des deux donne naissance à un troisième champ qui agit par antinomie sans contredire, par un quasi-antagonisme provenant de son origine diverse. Bien qu’il n’y ait pas de conflits entre les deux, il existe toujours une espèce de tension, semblable à tous les niveaux à celle qui oppose, dans l’ordre des éléments primordiaux, le feu et la terre. Comme si l’un incendiait l’autre tout en étant apaisé par cet autre.
Tout ceci donne naissance à une espèce de splendeur. Une danse qui perturbe et qui nous laisse perplexes. Un scintillement qui nous détient et nous entraîne. Identique à ce que nous ressentons lorsque au milieu du chas, nous nous trouvons face au silence.
Bernardo Pinto de Almeida
Octobre 2001
|
|
 |
 |
 |
 |
 |
|
|
|